Histoire

Quelques mots sur les grandes phases historiques du pays…

La Préhistoire

La région des grands lacs et la vallée du Rift qui occupe une partie du territoire tanzanien actuel a été l’un des berceaux de l’humanité. Des empreintes de Laetoli datant de 3.6 millions d’années aux ossements d’Homo Habilis et Homo Erectus retrouvés par les archéologues, la Tanzanie peut se vanter d’avoir vu naitre et évoluer les premiers hominidés et peut-être les premiers hommes modernes.

Les premiers colonisateurs

En 1498, Vasco de Gamma fut le premier européen à poser le pied en Tanzanie. Les Portugais occupèrent toute la côte et furent chassés deux siècles plus tard par les sultans d’Oman qui prirent le contrôle de Zanzibar en particulier. Zanzibar devint alors une plaque tournante du commerce de l’ivoire et des esclaves échangés contre du tissu et des armes à feu. Les esclaves étaient acheminés à travers le continent dans des conditions effroyables puis envoyés par navire à Oman depuis Zanzibar. Quand les Européens commencèrent à s’intéresser à l’Afrique de l’Est à la fin du XIXème siècle, la région était affaiblie par les maladies et la violence.

La Colonisation

Carl Peter, jeune aventurier allemand, fonda en 1885 le Société pour la colonisation allemande, sans aucun accord de son gouvernement. Parti de Zanzibar, il s’enfonça à l’intérieur des terres et conclut au passage des traités avec les chefs africains locaux, en faisant parfois usage des armes. Le chancelier Bismarck approuva après coup l’acquisition de ces territoires, ce qui consterna les Anglais déjà influents auprès du sultan de Zanzibar. En 1886 Anglais et Allemands se mirent d’accord sur leur zones d’influence en Afrique de l’Est. Sans consulter les autochtones bien entendus, les parties définirent alors la frontière actuelle entre le Kenya et la Tanzanie. Les Allemands contrôlaient le territoire au sud de cette frontière appelé à l’époque Tanganyika. L’économie coloniale avait pour objectif d’exploiter les ressources de la région et les paysans locaux furent forcés de pratiquer une culture de rente, en cultivant principalement du coton. Rien ne fut fait pour améliorer la qualité de vie des autochtones.

Le Tanganyika passa sous administration britannique après la première guerre mondiale mais les nouveaux “colons” ne changèrent pas le système mis en place par les Allemands, continuèrent d’imposer des cultures obligatoires et découragèrent l’émergence d’un secteur manufacturier afin de conserver un marché pour les produits britanniques.

Les mouvements de contestation apparurent dès 1948 avec la Tanganyikan African Association. En 1953, l’organisation fut rebaptisée Tanganyika African National Union (Tanu) avec un jeune professeur à sa tête: Julius Nyerere. Les Britanniques quittèrent soudainement le Tanganyika en 1961 et Zanzibar en 1963.

L’indépendance

Malgré l’espoir engendré par l’indépendance, le pays se lançait dans la construction d’une nation sans les ressources nécessaires. Les richesses étaient épuisées, l’économie affaiblie, l’industrie quasi inexistante… On comptait dans tout le pays 120 étudiants diplômés de l’enseignement supérieur dont deux avocats, deux ingénieurs et douze médecins. Les premières années furent marquées par la difficulté de trouver des fonds pour financer la construction du pays et par des révoltes dans l’armée et à Zanzibar. La nouvelle République unie de Tanzanie naquit de l’union du Tanganyika et de Zanzibar en 1964.

L’Ujamaa

En 1962, Nyerere publia un ouvrage intitulé Ujamaa: la base du socialisme africain. Ujamma signifie le clan, la famille. Face à l’absence d’aide internationale, au mécontentement des Tanzaniens et à la naissance d’une classe privilégiée, il expliquait dans son essai pourquoi, selon lui, l’accumulation de richesses personnelles dans un environnement de pauvreté généralisée était antisociale. Nyerere introduisait l’idée selon laquelle l’Afrique devait s’efforcer de créer une société fondée sur l’aide mutuelle, l’égalité économique et politique. C’est ainsi qu’en 1967 Nyerere exposait dans la déclaration d’Arusha les grandes lignes d’une approche socialiste du développement pour la Tanzanie. Pour un aperçu du texte original qui fut le fondement de la politique tanzanienne jusqu’en 1986 cliquez ici.

Dans les grandes lignes, Nyerere s’engagea à réduire l’aide internationale et à promouvoir l’autosuffisance de la Tanzanie. Les Tanzaniens travaillèrent ensemble à la construction du pays, Nyerere et ses ministres participèrent eux-mêmes aux chantiers, un code de bonne conduite fut édicté à l’attention des bureaucrates et membres du parti, les banques et les moyens de production industrielle furent nationalisés, les investissements étrangers directs furent limités, les terres furent collectivisées et on s’efforça de construire une véritable identité tanzanienne, surtout chez les jeunes dès leur entrée à l’école. Ainsi, contrairement à d’autres voisins africains, la Tanzanie a su rester relativement stable et éviter les guerres inter-ethniques. Cette approche par le socialisme et la démocratie a su séduire les Tanzaniens mais aussi l’opinion publique internationale et surtout les bailleurs de fonds. Malgré tout, Nyerere prit certaines mesures contestées même par ses plus ardents défenseurs. Il instaura en effet un parti unique en arguant que démocratie ne signifiait pas multipartisme! Les agitateurs étaient emprisonnés!

Hormis la cohésion identitaire (fait rare en Afrique), des progrès importants en matière d’éducation (en 1980, 93% des enfants étaient scolarisés à l’école primaire) et de santé, la politique mise en place à la suite de la déclaration d’Arusha s’est révélée être un échec. En particulier à cause de la politique agricole qui a forcé 80% de la population à se déplacer et à cultiver des terres pour le gouvernement. Les terres attribuées étaient souvent stériles et le matériel insuffisant. Les Tanzaniens ont majoritairement refusé de travailler de façon communautaire et ils faisaient passer les besoins de leur propre famille avant ceux de la communauté.

Aide internationale, déclin économique et lente reprise

La Tanzanie ne conserva pas longtemps les faveurs des bailleurs de fonds internationaux et du FMI. L’économie se portant de plus en plus mal dans les années 70 et 80, des ajustements structurels furent demandés par les bailleurs. Nyerere ignora toutes les prescriptions et fut forcé de démissionner en 1985 et le nouveau gouvernement fut obligé de se plier aux réformes imposées par le FMI. 1986 marqua  la fin de 24 ans d’expérimentation du socialisme africain en Tanzanie. L’ajustement structurel eut l’effet d’un traitement de choc qui asphyxia le pays.

La Tanzanie sur la scène mondiale

Nyerere fit figure d’autorité morale dans les sommets internationaux pendant presque 30 ans, militant pour l’autonomie des États du Tiers Monde et pour une économie mondiale plus juste. Il défendit entre autre activement la cause sud africaine. Nyerere refusa de s’aligner pendant la guerre froide sur l’un des blocs. Malgré une attitude pacifiste, la Tanzanie fut envahie par son belliqueux voisin ougandais lors du règne d’Idi Amin Dada. En réponse, l’armée tanzanienne renversa le dictateur.

Depuis la disparition du charismatique Nyerere, la Tanzanie reste discrète sur la scène internationnale. Le pays acceuille plus de 500 000 réfugiés venus d’Ouganda, du Burundi, du Rwanda, de RDC et du Mozambique, ce qui représente plus que tout autre pays africain. L’actualité a à nouveau parlé de la Tanzanie, lorsque le Tribunal Pénal International pour le Rwanda s’est installé à Arusha en 1994 pour juger les responsables du génocide rwandais. Depuis 2008, Arusha accueille également la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples créée par l’Organisation de l’Unité Africaine.

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