En ce jour de sommet, nous nous réveillons à minuit quelques heures seulement après s’être endormi! Après un petit déjeuner rapide en mode “qu’est ce que je fous ici, je veux pas y aller” nous partons vers 1h30, armé s d’une frontale pour affronter la nuit et déterminés pour le sommet! Tout le monde semble en forme, Justine a le sourire et semble avoir oublié que son sac n’était toujours pas arrivé!
Nous commençons donc à nous élever sur les flancs du volcan sous un magnifique ciel étoilé. On distingue même la voie lactée tellement le ciel est clair. Le sentier progresse gentiment en zigzags jusqu’au bord de l’immense caldeira que nous atteignons à Rhino Point vers 3800m d’altitude après 1h15 de marche. Les ossements marquant ce point remarquable sont réputés être des ossements de rhinocéros! Justine se sent déjà mal à ce point de l’ascension ce qui nous laisse pessimistes pour la suite mais sa volonté la pousse à continuer plus haut.
De Rhino Point nous suivrons la crête pendant les 5 heures suivantes. Dans un premier temps, le sentier descend sur 80 mètres environ et traverse des sections rocheuses qu’il faut savoir négocier dans l’obscurité. Puis nous grimpons dans du sable volcanique noir rendu compact par la pluie de ces derniers jours. Dans sa globalité, le chemin suit la ligne de crête en contournant parfois par la droite de nombreux ressauts rocheux. Il fait bien sûr toujours nuit et un vent glacial s’est levé depuis Rhino Point. Justine se sent de moins en moins bien, terrassée par la nausée. Bryson, très professionnel nous met en garde contre les dangers à poursuivre. Au final, Justine poursuit et finit par vomir sur le chemin ce qui déclenche brusquement le même phénomène chez Audrey et brasse le reste du groupe! Tout le monde poursuit donc les yeux rivés sur les pieds de son voisin de devant éclairés par la frontale. La nausée aura raison de Justine vers 4200m vers 5h30 peu avant le lever du soleil après 4h de marche. Elle redescendra avec Bryson et nous poursuivrons.
Nous redémarrons donc vers 6h sous un ciel qui s’est déjà bien éclairci. On aperçoit le sommet du Kilimandjaro au-dessus des nuages vers l’Est. On ne voit toujours pas le sommet qui est caché par des ressauts rocheux qu’il faut sans cesse contourner. Nous montons dans du sable, réchauffés par les premiers rayons de soleil qui illuminent la crête et toute la caldeira avec l’immense ash cone qui occupe son centre. Un seul bémol: des nuages montent très rapidement de la plaine dans notre direction, ce qui risque de gâcher un peu la fin de parcours.
Jean et Benoit ont la tête qui tambourine, Audrey laisse son sac à un des guides épuisée, Jean Claude semble à bout de force… Vers 7h30 après 6h de marche nous débouchons enfin sur l’arête ensablée au pied de la dernière section plutôt rocheuse qui conduit au sommet. Cette partie nous semble encore beaucoup trop longue à parcourir mais Peter notre ranger nous indique qu’il reste 30 minutes pour rejoindre la sommet! A 8h après avoir mis nos dernières forces dans la bataille nous mettons un pied sur le sommet et sur l’écriteau “Socialist Peak 4566m”. Le sommet est matérialisé par un drapeau Tanzanien métallique. Le sommet est maintenant dans les nuages comme nous le craignions mais nous y sommes! Nous resterons 20 minutes au sommet le temps de s’habiller encore plus chaudement, d’immortaliser le moment et de signer un registre conservé au sommet dans un coffre métallique! Personne n’arrive à ingurgiter le moindre aliment, l’altitude semble faire effet sur nos estomacs! Seul le sucre pur passe!
La descente s’annonce longue après nos 6h40 de montée. Elle sera en effet longue et épuisante en 3h et nous nous prendrons une pluie forte et froide pendant la dernière heure de descente, juste assez pour arriver épuisés et trempés à Saddle Hut vers 11h30, soit 10h après avoir quitté le refuge.
La théorie voulait que l’on reparte immédiatement après avoir pris un léger repas mais Jean, Isabelle et Jean-Claude se couchent dans leurs sacs de couchage aussitôt arrivés. Benoit est glacé et n’arrive pas à se réchauffer dans sa doudoune. On a tous envie de dormir à l’exception de Justine qui est désormais en forme mais on ne peut pas rester ici, il faut redescendre vers Miriakamba Hut! Isabelle et Jean émettent même l’idée de ne pas aller au Kilimandjaro, dégoutés par la pluie! Heureusement Bryson nous remotive pour partir dès que possible car 2h de descente nous attendent jusqu’à Mirikamba Hut où une jeep nous descendra à Momella Gate. 2h plus tard nous sommes à Miriakamba Hut et franchement ça suffit pour aujourd’hui!
Le retour à Momella Gate s’effectue dans la jeep des rangers du parc, debout dans le pick-up. Nous passons sur la plancher du cratère au pied du Ash Cone, nous croisons buffles, antilopes et girafes. La descente est sportive sur un mode très “train de la mine”! A Momella Gate nous recevons 5 certificats d’ascension des mains de Peter et nous remercions toute l’équipe pour ce fabuleux trek de 3 jours. Malgré l’effort et les mauvaises conditions météo, tout le monde est satisfait de cette ascension une fois en bas!
Le retour à Arusha au Ilboru Lodge est très apprécié ainsi que la Kilimandjaro Lager pour fêter cette première ascension tanzanienne, à presque 4600m tout de même! Excellente acclimatation pour le Kilimandjaro qui nous attend après notre journée de repos…





BRAVO ! pour votre courage à tous et votre volonté ! mais c’est ça aussi la montagne !!…..
Par Patrick le janvier 6, 2010
à 7:54
Vite la suite de vos aventures !!…..TINTIN au Congo je connais mais 6 petits blancs à l’assaut du Kilimandjaro: non !!…..
Par Patrick le janvier 6, 2010
à 7:56